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 Terre des Géants - Camp des esclaves

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MessageSujet: Terre des Géants - Camp des esclaves   Jeu 20 Oct 2016 - 12:15

Concentré sur un point entre les interstices des rondins de bois qui formaient l’entrepôt, l’homme ne ressentait plus rien. Son visage tuméfié, les bleus constellant son corps et ses phalanges meurtries montraient qu’il s’était battu avec acharnement. Cette fois en vain. Penché sur un tonneau, les bras maintenus par deux de ses tortionnaires, il attendait que le troisième finisse. La tournante. Parfois il y échappait, parfois non. Le violeur jouit bruyamment en lui. Quelques instants plus tard, avec un rire méprisant, il se retira enfin.

« Encore une fois honorée comme la putain que tu es ! C’est comme ça qu’on baise une sous-merde. Et sois content saloperie d’Huldras. Souviens-toi que ce qui t’arrive est de ta faute. Si toi et ta sale race de merde n’aviez pas causé ces problèmes aux Géants, aucun de nous ne serait ici ! »

L’homme reçut un crachat sur le dos. Impassible, il attendait qu’on le lâche. Il entendit un bruit de pantalon qu’on remonte et relace.

« Ho ! J’te cause ! »

Un nouveau coup s’abattit dans ses côtes. Il poussa un grognement de douleur.

« Complètement taré ! Allez les gars ! On se barre. »

Peu après que la porte se soit fermée, l’homme posa les mains sur les bords du tonneau et se redressa. Il attrapa un chiffon sale, s’essuya machinalement. Ce n’était qu’un corps. Il le protégeait de son mieux, mais après, ce qui arrivait arrivait. Il avait changé d’avis depuis longtemps sur ce qu’il acceptait et ce qu’il n’acceptait pas. Il n’avait même pas de haine. Il avait dépassé ce stade. Son mental était au-delà de toute considération physique. Ces hommes, tout haineux qu’ils soient, étaient dans son camp. Contre les géants. Son heure viendrait.

Il frotta ses mains abîmées, les regarda comme si c’était la première fois. Certains doigts, tordus, avaient été maintes fois brisés au cours de ces huit années. Il remonta son pantalon.

Il n’en était plus à ça près maintenant. Son plan avançait. Il mûrissait. Son heure viendrait. Bien assez tôt…

Il sortit de l’entrepôt. Le camp d’esclaves de Thran s’étendait à perte de vue…
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MessageSujet: Re: Terre des Géants - Camp des esclaves   Mar 8 Nov 2016 - 15:42

L’homme sortit enfin de l’atelier. Le labeur était rude mais il ne devait pas se plaindre. Il était mieux loti que la plupart. De ce point de vue-là uniquement. Sa carrure lui avait d’abord valu d’être emmené aux mines, d’où on extrayait de nombreuses pierres pour servir de projectiles aux Géants. Au bout de quelques mois, sur conseil de ses seconds et par pure malveillance, Thran avait décrété que les Huldras seraient rapatriés dans le campement principal où ils devraient, au vu et au su de tous, travailler aux forges. L’idée de Thran était de permettre aux Huldras de s’endurcir par un dur labeur mais aussi d’en faire des cibles évidentes pour tous les autres prisonniers. Tous savaient que la guerre et la désolation qui leur étaient tombées dessus étaient la conséquence de l’inimitié des Géants et des Huldras.

Cependant, les Huldras au camp étaient peu nombreux. Les Géants veillaient à ce qu’ils soit possible de leur tomber dessus et de les molester à loisir mais empêchaient qu’on les tue. Ce qui n’empêchait pas des « accidents » d’arriver. De plus, la férocité de thran et de ses bourreaux lors des « entretiens » en avait fait succomber plus d’un. Répartis dans les différentes forges pour les esseuler encore plus, bien peu avaient su trouver les ressources morales et physiques pour prolonger leur vie de plus de quelques mois.

Il traversa le quartier des ateliers, attentif à ceux qui pourraient lui tomber dessus. Souvent il était assailli lors de son trajet de retour vers le campement et les différents baraquements où les prisonniers logeaient. Cette fois, il atteignit sans encombre ses quartiers. Il rentra dans petite pièce où s’entassaient les derniers Huldras du camp, onze personnes en tout et pour tout, et se dirigea vers sa paillasse. Dissimulé en dessous, une petite boîte dans un trou recouvert d’une planche elle-même recouverte de terre. Il la sortit discrètement et en sortit un chiffon qui emballait une petite collection de lames diverses et grossières. Il y glissa son vol du jour, une nouvelle petite lame d’environ vingt centimètres de long, grossière, sans manche ni garde.

Il rangea son trésor en soupirant. C’était difficile de sortir quelque chose des ateliers. Encore plus de le ramener au baraquement car souvent il devait l’abandonner quand il se faisait harceler. Il remit tout en place et sortit rapidement de la cabane. C’était l’heure du repas. Il devait se dépêcher s’il voulait avoir une place respectable dans la file et pouvoir espérer un morceau de légume filandreux dans la bouillie infâme qui leur était servie.

Il cherchait une possibilité de s’évader avec les quelques derniers Huldras. Oh ce n’était pas trop compliqué, le camp n’était pas bien surveillé. Les Ogres et les Géants aimaient donner la chasse aux fuyards, ça les distrayait. Et s’ils les ramenaient jamais en vie, alors que les Dieux aient pitié d’eux. D’ici quelques jours, si tout fonctionnait comme prévu, ils pourraient partir. Mais rien ne se passait jamais comme prévu. Il ne comptait plus le nombre de fois où ils avaient dû remettre à plus tard leur départ. Ni le nombre de compagnons initialement prévus qui désormais n’étaient plus présents que dans leurs cauchemars.

Il attrapa l’écuelle que lui tendait l’Ork à la jambe de bois. Deux maigres petits morceaux de poireau famélique flottaient dans le jus de gruau, à côté du morceau de pain rassis. Quelle chance ! Il s’esquiva rapidement avant que l’Ork ne balaie son plat d’un geste de mauvaise humeur.

La nuit tombait vite ces temps-ci. Elle arriva bientôt et il se coucha rapidement. A ses côtés, ses compagnons d’infortune étaient sur le point de s’endormir. Les rayons de la lune filtraient à travers les rondins de bois mal assemblés. Deux femmes, neuf hommes. Pour aller où ensuite ? Ils le suivraient. Jusqu’à la mort. Parce qu’ils n’avaient plus aucun espoir. Et que tout valait mieux que rester ici à mourir à petit feu.


Bientôt mes amis. Bientôt.
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MessageSujet: Re: Terre des Géants - Camp des esclaves   Jeu 12 Jan 2017 - 9:30

La nouvelle s’était répandue comme une traînée de poudre dans les camps d’esclaves : les Géants avaient essuyé leur première défaite ! Afin d’empêcher l’espoir de renaître, les gardiens se montraient encore plus durs envers les prisonniers et pour la plupart ceux-ci se sentaient presque victimes des Elfes et commençaient à leur en vouloir.

Chaque coup de poing, chaque coup de de fouet, chaque punition s’accompagnait généralement d’un « c’est de la part des Elfes » ou d’un « faut t’en prendre aux Elfes » bien senti.

L’homme endurait les quolibets sans mot dire. Il était un roc. Le vent soufflait sur lui sans l’atteindre. Il avait remarqué que les effectifs des gardiens se réduisaient suite à cette défaite. La garde des camps d’esclaves avait en effet été initialement confiée aux mercenaires et aux Ogres, mais la déconvenue des Géants dans la forêt leur avait permis de comprendre que des troupes plus petites et plus mobiles seraient un meilleur atout pour mener cette guérilla.

En conséquence, les mercenaires et les Ogres avaient été redéployés sur le front, au détriment des gardiens, qui eux n’avaient pas été remplacés, les Géants ne s’abaissant pas à une si vile tâche.

L’heure approchait où il pourrait enfin agir. D’ici là, il fallait tenir. Non loin sur sa gauche, il avisa un groupe de trois hommes qui avançaient dans sa direction. Il se fondit dans la masse d’esclaves et de tentes.

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MessageSujet: Re: Terre des Géants - Camp des esclaves   Jeu 29 Juin 2017 - 15:14

Enfin la grande nuit !
 
Les Huldras se regroupèrent autour de l’homme qui leur fournit alors les lames qu’il avait mises laborieusement de côté. Après une dernière vérification, ils se faufilèrent dans les ombres autour de leur cabanon.
 
La garde avait été réduite, les Géants n’avaient que faire de surveiller des esclaves harassés par de trop longues et trop dures journées de labeur et les Ogres et autres gobelinoïdes avaient été déportés vers les zones de combat des forêts elfiques.
 
Alors qu’ils arrivaient en vue des portes du camp, trois ombres se découpèrent sous la lueur de la lune : les tortionnaires du meneur.
 
« Il me semblait bien qu’il nous manigançait quelque chose, cette saloperie.
- Ouais. Vous faites quoi, là ?
- Vous croyez vous barrer comme ça ?
- Les Elfes sont des merdes, les Géants nous chient dessus à cause d’eux, mais si on est ici, c’est à cause de VOUS, saletés de Huldras !
- Le moins que vous pouvez faire, c’est nous sortir de là…
- Ouais, le moins que vous pouvez faire… »
 
L’homme les regarda tranquillement.
 
« Sinon quoi ? Vous gueulez à la garde et vous morflez aussi parce que vous n’avez rien à faire dehors ?
- …
- Il joue au malin…
- Vous venez, mais vous fermez votre grande gueule et vous obéissez. C’est clair ?
- Ho ! On fait ce qu’on veut hein !
- Tu l’as déjà bien vu, non ? »
 
Les hommes se mirent néanmoins en queue de peloton en silence.
 
La petite troupe s’approcha le plus silencieusement possible du poste de garde à l’entrée du camp. Un Géant des montagnes s’ennuyait fermement tandis que trois Ogres jouaient aux dés. Les Huldras suivirent leur meneur et se dissimulèrent autour du corps de garde. L’homme se présenta dans l’entrée.
 
Aussitôt, les Ogres laissèrent tomber leurs dés et se levèrent, soupçonneux.
 
« Je viens vous prévenir, il y a une émeute qui se prépare du côté des casernes de la grande carrière ! Plusieurs gars ont réussi à sortir des armes en douce et ils vont essayer de sortir quand la lune sera à son sommet. Vous avez encore une heure.
- Gruuû ?
- Koi tu toi dire vermissô ?
- Venez, j’vous dis, vite ! »
 
L’homme sortit tandis que les Ogres curieux et furieux de voir un esclave les importuner prenaient leurs armes et sortaient de l’abri. A peine dehors, les Huldras cachés leur tombèrent dessus par surprise. Leurs lames brillèrent dans la nuit, les Ogres trop lents et stupides moururent avant de savoir ce qui leur arrivait.
 
Le meneur fit un geste, trois montèrent prestement sur le toit.
 
Un bruit sourd approchait, tremblement significatif de l’arrivée d’un Géant et le chef de la veille sortit lui aussi. D’un regard, il vit les Huldras et ses Ogres morts. Il voulut crier, mais alors les hommes sur le toit intervinrent et la surprise qu’il ressentit l’empêcha de crier comme il l’aurait voulu. Ensuite, hommes sur les épaules et tout autour de lui, lames au clair et giclées de sang, il attrapa l’un des Huldras et le catapulta sur une arête de paroi où il se désarticula entièrement, écrasa une tête, mordit un bras et l’arracha, fracassa une hanche avant que les lames atteignent la jugulaire d’un côté et l’artère fémorale de l’autre. Il s’écroula alors.
 
Les trois hommes incrustés arrivèrent alors :
 
« Ben là, ça pue les couillons. Vous avez pas fait dans le détail !
- Il va falloir faire vite ! »
 
Le meneur s’approcha du fort en gueule et, sans prévenir, d’un geste souple, trancha sa gorge sans autre forme de procès. Un instant interdits, les deux autres voulurent crier mais ces cris moururent dans leur gorge avant même d’avoir été pensés de façon cohérente, des lames enfoncées un peu partout dans leurs zones vitales.
 
Deux morts, deux intransportables.
 
L’homme s’approcha de ses amis blessés. Il leur dit quelques mots, obtint leur assentiment et leur bénédiction, puis les acheva proprement en leur perforant le cœur. Ils étaient de toute façon déjà morts. Chacun le savait en se lançant dans l’expédition de cette nuit.
 
Pendant ce temps, les autres récupérèrent les vivres qu’ils purent et ouvrirent légèrement les portes. Derrière, des plaines et des montagnes à perte de vue. 

Le plus facile était le plus dangereux. Ils optèrent donc pour les montagnes. La course commençait. Qui du chasseur ou de la proie sortirait vainqueur ? Sept Huldras contre l'armée d'invasion des Géants...
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